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L’autorité britannique de la concurrence lance une enquête de phase 2 sur l’acquisition d’ARM par Nvidia

Publié le: 17/12/2021  |  Par: Guide Informatique  
L’autorité britannique de la concurrence lance une enquête de phase 2 sur l’acquisition d’ARM par Nvidia

 L’Autorité de la concurrence et des marchés britannique exige une enquête supplémentaire au sujet du rachat d’ARM par Nvidia. En cause, l’impact sur la concurrence et les enjeux de sécurité nationale.

En septembre 2020, Nvidia avait annoncé vouloir acquérir ARM, société britannique spécialisée dans le développement de processeurs, pour une somme évaluée à 40 milliards de dollars. Rapidement, cette transaction a été critiquée par les géants de la Tech. En cause, ARM détient de nombreux brevets clés que l’entreprise licencie aux entreprises de la Tech mais également à d’autres secteurs, notamment au secteur automobile. En tout, ce sont plusieurs dizaines de milliards de puces à travers le monde qui sont basées sur la propriété intellectuelle de l’entreprise. De nombreuses entreprises craignent donc que Nvidia réduise leur capacité à accéder à ces brevets en cas d’acquisition.

Si la Commission Européenne a récemment lancé une enquête sur cette acquisition, c’est l’Autorité de la concurrence et des marchés britanniques (CMA) qui a réagit la première. Et alors que ces premières conclusions allaient contre cette acquisition, elle souhaite désormais mener une enquête complémentaire de phase 2. Nadine Dorries, secrétaire d’Etat au numérique britannique, a ainsi déclaré : « la CMA va maintenant me faire un rapport sur les motifs de concurrence et de sécurité nationale et me conseiller sur les prochaines étapes ».

Cette décision fait suite à la remise du rapport de la CMA de phase 1 sur les questions de concurrences posées par l’opération. Ce rapport a soulevé une « diminution substantielle de la concurrence sur quatre marchés clés », à savoir le secteur automobile, l’internet des objets, les centres de données et les applications de jeux. L’autorité britannique soupçonne Nvidia de vouloir bloquer l’accès de certaines licences à ses concurrents ou de changer les priorités d’ARM afin qu’elles s’alignent avec les siennes, ce qui pourrait nuire au marché. Bien que l’entreprise américaine ait certifié que ce n’était pas son intention, elle n’a pas su fournir de garanties convaincantes.

En parallèle, le gouvernement britannique a engagé des recherches sur l’éventuel impact du rachat d’ARM, société britannique basée à Cambridge, sur la sécurité nationale. La secrétaire d’Etat au numérique a ainsi exprimé que son gouvernement craint « une réduction potentielle de l’autonomie du Royaume-Uni en matière de développement, d’exploitation ou de soutien des systèmes de défense et de sécurité qui utilisent la propriété intellectuelle d’ARM ». Alors que l’importance capitale du secteur des semi-conducteurs dans l’économie mondiale a été mise en avant par la pénurie qu’il rencontre, le Royaume-Uni estime nécessaire une enquête de phase 2 afin d’assurer sa « sécurité et la résilience de la chaîne d’approvisionnement au sens large ». De son côté, Nvidia a déclaré espérer que le processus de phase 2 lui permettra de démontrer que la transaction contribuera à stimuler la concurrence et l’innovation.

La CMA dispose de 24 semaines pour rendre son étude, avec une possibilité de prolongation de 8 semaines. Suite à cela, Nadine Dorries pourra rendre une conclusion défavorable à l’acquisition et demander des mesures à Nvidia afin de remédier aux effets négatifs de l’opération. Elle pourra également décider de ne pas se prononcer et laisser le soin à la CMA d’agir.

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