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L’application Stopcovid fortement critiqué pour son inefficacité et les risques d’atteinte à la vie privée

Publié le: 08/06/2020  |  Mis à jour le: 09/06/2020  |  Par: Guide Informatique  
L’application Stopcovid fortement critiqué pour son inefficacité et les risques d’atteinte à la vie privée

Le 27 mai, l’Assemblée Nationale a voté la mise en place de l’application StopCovid. L’objectif est de tracer les contacts des citoyens afin de les alerter en cas de contact potentiel avec une personne atteinte du COVID-19. Si l’intention est bonne, des organismes défendant la protection de la vie privée, tel que la Quadrature du Net, s’opposent à cette application.

Afin de limiter la diffusion du COVID-19 après la fin du confinement, de nombreux gouvernements dans le monde entier ont développé une application permettant aux individus de savoir s’ils sont entrés en contact, ou non, avec une personne atteinte de la maladie. Pour les aider dans leur démarche, Google et Apple, respectivement derrières Android et iOS, ont collaborés afin de concevoir des API rendant de telles applications possibles. Les deux géants américains ont déclaré avoir conçu ces API afin d’assurer l’interopérabilité des systèmes et garantir le respect de la vie privée des utilisateurs. 

Par soucis de souveraineté nationale, la France a décidé de ne pas utiliser ces API et de concevoir sa propre application. Disponible depuis le 2 juin, cette application s’appelle Stopcovid. Alors qu’elle fait partie intégrante du plan de déconfinement du gouvernement, plusieurs organismes la critiquent fortement.

En cause, son usage très limité. Premièrement, il faut que les individus disposent d’un smartphone et téléchargent volontairement l’application. Or, selon le dernier baromètre numérique du gouvernement, seulement 77 % de la population française en possède un. Un chiffre qui descend à 44 % pour les plus de 70 ans, la population la plus à risque.

De plus, pour que l’application puisse indiquer quand un individu en croise un autre malade, il faut que ce dernier se déclare malade. Pour ce faire, il faut premièrement qu’il ait des symptômes, puis qu’il prenne rendez-vous pour faire un test PCR et attende jusqu’à 48 h pour obtenir les résultats. Ensuite, l’application utilise le Bluetooth pour savoir si un individu a été à moins d’un mètre d’un malade, il est donc nécessaire que le Bluetooth soit activé. Cependant, en refusant d’utiliser les API de Google et Apple, Stopcovid ne possède qu’un accès limité au Bluetooth. Ainsi, l’application doit rester ouverte en premier plan pour fonctionner correctement. Le Bluetooth ne permet pas non plus de savoir précisément la distance séparant les deux téléphones. L’application peut donc retourner un faux positif après avoir croisé un individu malade éloigné de cinq mètres. 

Tous ces facteurs combinés rendent un scénario dans lequel l’application serait utile extrêmement improbable. En Australie par exemple, où 24 % de la population a téléchargé l’application COVIDSafe, un seul cas a été décelé. C’est pour cette raison que certains pays, comme la Belgique, ont décidé de ne pas développer de telle application, jugeant que le taux de pénétration serait de toute façon trop faible pour être utile. 

Les organismes s’opposant à StopCovid déclarent donc que l’application n’a pas d’intérêt suffisant pour contrebalancer le négatif. Ils considèrent que cette solution est moins respectueuse de la vie privée de par son fonctionnement que celle du binôme américain. En effet, StopCovid conserve un identifiant unique propre à chaque appareil dans un système centralisé alors que la solution américaine génère des clés aléatoires renouvelés tous les jours et chiffres les données. De plus, ils remettent en question le choix du gouvernement de refuser les API de Google et Apple pour des questions de souveraineté nationale alors que le gouvernement a décidé de stocker toutes les données dans les serveurs cloud de Microsoft. Ils s’inquiètent également de l’absence de date de fin du dispositif, StopCovid pourrait ainsi rester en place après l’épidémie et devenir un outil pour tracer la population. C’est ce qu’a fait la Chine, qui a décidé de maintenir son application après la fin de l’épidémie dans le pays pour « devenir un gardien de la santé pour les habitants ». Même sur un point purement médical, les organismes s’inquiètent que cette application mène les individus à ressentir un faux sentiment de sécurité et à négliger les gestes barrières. Pourtant, même si l’application fonctionnait parfaitement et était utilisé par tout le monde, il serait possible d’attraper le virus sans croiser d’individu contaminé, simplement en touchant une surface.

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