22 Novembre 2008    

La Lettre de mars

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RFID

Dossier - la lettre de mars

RFID - RADIO FREQUENCY IDENTIFICATION  

C'est une technologie de marquage et de lecture sans contact des marchandises. Les objets sont équipés de pastilles légères (tag) qui sont lues à courte distance à l’aide de petits terminaux portables.
Un système capable de répondre à une sollicitation radio est appelé transpondeur. Les premiers sont apparus sur les avions alliés pendant la seconde guerre mondiale pour permettre leur identification en vol.

Principe

Il existe plusieurs types d'étiquettes, leur point commun étant la possibilité qu'elles offrent d'être lues à distance à l'aide d'un signal radio.
On distingue deux catégories :

  • passives : (les plus nombreuses) elles sont excitées par induction électromagnétique (par l'onde radio émise par le lecteur) et elles renvoient à courte distance un signal convenu.
  • actives : (plus coûteuses) équipés d'une source d'énergie (pile ou capteur solaire) et d'une puce, elles peuvent se signaler seules et/ou établir des dialogues plus construits avec le lecteur.

Dans tous les cas, ce qui caractérise les tags RFID, c'est :

  • leur petite taille (jusqu'à un mm)
  • leur prix souvent modeste (quelques centimes d'euros pour les moins coûteux)
  • la présence d'une antenne relativement grande
  • la possibilité éventuelle d'être mise à jour en cours de processus.

Avantages

Les principaux avantages sont :

  • pastille relativement peu coûteuse pouvant être posée sur des marchandises de grande consommation,
  • lecture sans contact et sans visée (les infos peuvent être lues sur des objets en vrac, dans n'importe quelle position, dans des conditions de visibilité réduite voire nulle). Une étiquette passive équipée d'une antenne d'assez grande taille peut être lue jusqu'à 15 m,
  • lecture simultanée de plusieurs articles possible (jusqu'à 200 par secondes),
  • fiabilité (les informations peuvent être doublées, munies de codes de correction d'erreur, d'identifiants de sécurité...),
  • robustesse (il s'agit d'une étiquette assez souple, pouvant être salie).
  • possibilité de modifier les données stockées sur certaines pastilles au cours du traitement (par exemple, pour la traçabilité des températures de conservation des surgelés).

Le marché

Les étiquettes RFID intéressent tous les marchés, puisqu'elles permettent de suivre les matières semi-ouvrées ou manufacturées :

  • tout au long de la chaîne de production,
  • dans les différentes phases de stockage,
  • lors des transports,
  • pour faciliter l'entretien et la maintenance (avec toutefois des limites de pérennité),
  • pour limiter les risques de fraude.

On peut donc prévoir facilement leur essor rapide au détriment du code-barres, moins cher certes, mais beaucoup moins performant. On cite déjà des utilisations remarquables :

  • les péages routiers (ce n'est pas nouveau),
  • certaines cartes de transport en commun (RATP Navigo),
  • Wal-Mart ou le Département de la Défense américaine qui imposent partiellement cet usage pour leurs approvisionnements.

 

Ventes estimées
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Une affaire de prix et de coûts

Le coût encore relativement élevé des RFID les destine en premier lieu à des marchandises ou des lots de marchandises d'une certaine valeur. Ce coût va rapidement baisser.

Coût unitaire prévisible
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En face de ce prix unitaire brut relativement élevé, il faut mettre les gains substantiels obtenus par l'automatisation du suivi des produits :

  • automatisation des manipulations, bien sûr (picking, stockage, transport...),
  • réduction des pertes en entrepôt,
  • assurance qualité dans l'acheminement (contrôle et optimisation des délais et des destinations),
  • traçabilité des produits périssables (contrôle de la chaîne de froid),
  • limitation des fraudes et vols.

Normes

Lorsque la technologie RF est utilisée pour les cartes d'identification, l'ISO fait le distinguo entre :

  • proximité : 0 à 10 cm
  • voisinage : entre 10 et 70 cm

Les normes concernant la technologie RF sont les suivantes :

  • ISO 11784 : identification des animaux par radiofréquence.
  • ISO 10536 et ISO 14443 (A & B) : norme générale pour les cartes d'identification (cartes à circuit intégré sans contact) dites cartes de proximité. Précise notamment les mécanismes d'initialisation et d'anticollision.
  • ISO 10536 et ISO 15693 : pour les cartes de voisinage,
  • ISO 18000 : pour les tags RFID.

Ces normes définissent :

  • les fréquences radio (la fréquence conditionne la portée),
  • la phase d'initialisation de la puce (écriture),
  • les méthodes de dialogue utilisées entre le lecteur et tag RFID,
  • l'anticollision qui vise à éviter les erreurs lorsque plusieurs tags sont lus en même temps.

La norme ISO 18000 est structurée en plusieurs niveaux :

Norme ISO 18000
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Système EPC (Electronic Product Code)

EPCglobal est une joint venture entre EAN International et l'Uniform Code Council. Le système EPC est un système de codification international, analogue à la codification EAN.
Il associe la technologie RFID à un réseau de bases de données accessibles par Internet. Chaque objet est identifié par un code (dit EPC) et toutes les informations relatives à l'objet sont retrouvées grâce au réseau.

Respect de la vie privée

Bien sûr, l'étiquette RFID accompagne un produit et non pas une personne. A priori, le danger créé pour l'individu par cette technologie paraît minime. Toutefois, la CNIL met en avant que "... le maillage dense de milliers d'objets qui entoureront une personne pourra ainsi être analysé de façon permanente... permettant potentiellement le profilage des individus...".
Cette hypothèse pourrait se renforcer rapidement, dès lors que l'on trouvera avantage dans les foyers à utiliser les RFID pour contrôler automatiquement le contenu du réfrigérateur (intérêt : conservation des produits frais et gestion des approvisionnements), ou pour piloter plus finement le programme de la machine à laver (température, vitesse d'essorage....).
La CNIL estime donc que les RFID sont des données personnelles au sens de la loi, dite "Informatique et libertés".
Dès lors, tout industriel ou tout commerçant désireux de mettre en oeuvre cette technologie prometteuse doit vraisemblablement :

  • se tourner vers la CNIL pour déclarer cet usage (voire demander des informations complémentaires),
  • avertir clairement de cet usage ceux qui utiliseraient ou manipuleraient les produits,
  • consulter un juriste pour verrouiller tous les aspects du problème.

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