La Lettre de janvier
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L'alternative du logiciel libre - 2
Dossier - la lettre de janvier
L'univers du logiciel livre va s'intégrer au marché classique, tout en modifiant substantiellement ses caractéristiques.
A chacun d'y trouver sa place.
Linux, un risque politique pour le DSI
Malheureusement, dans une entreprise, les orientations visionnaires ou les choix vertueux des responsables informatiques, comme les erreurs de stratégie d'ailleurs, sont rarement appréciés totalement par la direction générale qui s'en remet souvent à la platitude des chiffres.
De fait, un arrêt d'exploitation consécutif au choix d'un système informatique considéré comme moins orthodoxe, sera toujours jugé plus sévèrement que le même incident survenu sur une solution classique.
Dès lors, le principe de précaution (qui n'en est pas un) s'applique et beaucoup de décideurs choisiront temporairement de ne rien décider.
Le monde du libre et le monde de l'entreprise
Pour séduire l'entreprise, le logiciel libre devait s'éloigner des sphères idéologiques et mieux s'insérer dans le monde du commerce.
Un développeur qui n'aurait pas besoin d'argent pour nourrir ses enfants, peu d'ambitions de carrière et peu de responsabilités serait inquiétant pour un décideur. Suffisamment en tout cas pour ne pas lui confier les rouages stratégiques de l'entreprise.
Tout indique que le cap est en passe d'être franchi (ce qui ne constitue pas forcément un renoncement à tous les principes vertueux de ses inspirateurs).
Les actions financiaro-judiciaires de SCO, la création de sociétés correctement gérées (Red Hat), les mariages avec les acteurs traditionnels (achat de SuSE par Novell, accords avec IBM), constituent des signes tangibles pour les entreprises.
Qui mange qui ?
Jusqu'à ce jour, l'ascension impressionnante des logiciels libres et notamment de Linux, ne s'est pas faite au détriment de Microsoft qui continue d'accroître ses ventes en dépit d'un marché pour le moins morose.
Les victimes, ce sont les autres Unix propriétaires, moins organisés et moins dynamiques et, bien sûr, les mainframes.
Microsoft n'est pas la cible
La fièvre anti-Microsoft a fortement baissé dans le monde du libre et Linux ne lui fait pas une concurrence directe.
La plate-forme .Net séduit les techniciens, des compatibilités et des collaborations s'instaurent peu à peu. Dans le même temps, Microsoft, qui avait négligé l'université, comme le monde du libre, accepte, librement ou sous la contrainte, des voisinages autrefois prohibés.
Toutefois, la vague du libre, après avoir nettoyé les "petits OS", mouillera probablement le numéro 1. D'autant que Microsoft à pris deux risques majeurs :
- en n'investissant pas suffisamment les milieux scientifiques et universitaires, il a réduit l'arrivée de jeunes informaticiens formés aux systèmes Microsoft. Paradoxalement, il est aujourd'hui plus facile de recruter un jeune spécialiste Linux que Windows,
- avec la "software assurance", qui impose aux sociétés un abonnement logiciel bureautique assez coûteux, alors qu'elles estimaient souvent pouvoir faire une pause dans ce type d'investissement, les évolutions étant depuis quelques années sans grand intérêt pour la production. Nul doute que la réflexion qui s'est engagée (notamment dans l'administration), conduira à des vagues de migration au détriment de Microsoft.
Un besoin de standards
Chaque acteur important, c'est le cas de Microsoft, a intérêt à imposer sa technologie propriétaire.
Le principal apport du libre, ce ne sera donc probablement pas, paradoxalement, l'apparition de nouveaux systèmes d'exploitation et de nouveaux logiciels. Même s'ils devaient être moins chers, plus sûres, plus performants..., ce qui n'est pas certain, à terme. Presqu'à coup sûr, il va se constituer un patrimoine de normes et de standards ouverts, efficaces et généralisés.
C'est déjà le cas avec les standards du Web. Microsoft n'a pas réussit à imposer son format de texte pivot (RTF) face à SGML/XML/HTML, ni ses instructions spécifiques dans Internet Explorer (ce ne sont que des exemples).
Or, l'industrie informatique a besoin de normes pour se développer. L'apparition d'une base normative cohérente et dynamique devrait être une condition de développement technologique et commercial appréciable.
Réorganisation
L'hégémonie, inquiétante pour certains, des standards Microsoft n'est probablement que temporaire. Elle succède à celle d'IBM, qui n'avait pu maintenir sa domination technologique, pourtant alors également écrasante. Les empires sont fragiles.
Tout porte à croire que l'avenir est aux consortiums, à forte teneur commerciale, qui réuniront les différents acteurs (éditeurs, associations normatives...), dans divers pôles d'intéret.
Merci à François Chazalon, directeur marketing de Novell et à Rodrigo Laurens, CTO de NET2S pour leur aide.
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