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HPC (High Performance Computing) : le monde des supercalculateurs
Calcul scientifique
La fourniture par Bull d'un supercalculateur destiné à la simulation du fonctionnement de l'arme nucléaire jette un coup de projecteur sur un domaine discret de l'informatique, celui du calcul scientifique et des supercalculateurs.
L'occasion de faire un point sur les technologies et le marché.
Histoire des supercalculateurs
Dans les années 70-80 Fujitsu, Nec, Control Data puis Cray proposent des supercalculateurs de plus en plus puissants. On parle alors de calcul parallèle, de machines vectorielles, d'arséniure de gallium... On fabrique ces engins comme des Formules 1, chaque élément étant le summum de ce que permettent la recherche et la technologie. Les coûts sont très élevés et la puissance double tous les 18 mois, comme le prévoit la loi de Moore.
Aujourd'hui, le supercalculateur est basé sur l'emploi de composants standards d'origine Intel, AMD ou PowerPC (les COTS) dont la puissance brute est remarquable. On les assemble entre eux pour obtenir une puissance encore supérieure.
Par exemple, un seul microprocesseur Itanium d'Intel délivre 6,4 gigaflops, soit les performances de 50 à 60 Cray-1 de 1976 (100 mégaflops en puissance de crête). Il est fabriqué par dizaine de millions d'unités à un coût comparativement très faible.
A quoi sert un HPC
L'appellation HPTC (High Performance Technical Computing), indiquant qu'on réservait ce type de système à des calculs scientifiques particulièrement exigeants (météo, espace..) a laissé la place à HPC (High Performance Computing), qui intéresse un domaine plus vaste.
Le HPC concerne désormais également le monde industriel :
- automobile, aviation, espace (simulation de crash tests, par exemple),
- banque, finance (calcul du risque financier),
- monde médical (biologie, génome...)
Enfin, l'HPC n'est pas seulement un supercalculateur, c'est une solution (calculateur + logiciel + prestations).
Evolution de la demande de supercalculateurs HPC
Auparavant, l'utilisateur définissait ses programmes en fonction de la puissance dont il disposerait à 10 ans. Il limitait ainsi son besoin par rapport à des plans fixés à très long terme.
Depuis le milieu des années 90, les grands laboratoires notamment, ont eu besoin pour la recherche nucléaire d'utiliser la simulation numérique et se sont fixé un objectif en terme de puissance. Cet objectif était extrêmement au-delà des prévisions.
C'est donc le client final qui a imposé la technologie de combinaison de processeurs standards en parallèle pour des raisons techniques et économiques.
Autre évolution significative, si l'utilisateur demandait autrefois seulement de lui construire la machine la plus puissante possible, il recherche désormais une solution complète à son besoin.
Structure des supercalculateurs
Pour obtenir un HPC, il faut généralement réunir :
- une grande puissance de calcul, obtenue par l'assemblage de centaines, voire de milliers de processeurs performants,
- une capacité mémoire étendue et rapide,
- un système d'interconnexion extrêmement performant permettant de distribuer travail et données sur chaque processeur,
- une gestion efficace des entrées-sorties.
Le réseau qui relie les différents processeurs et les différents noeuds du système a une importance critique. La puissance de calcul ne peut être obtenue que si l'on peut faire entrer et sortir les données du système au même rythme. Deux paramètres sont primordiaux, la latence et la bande passante.
Toutes les solutions et surtout, toutes les combinaisons de solutions sont envisagées pour aboutir à la grande puissance. On obtient généralement un supercalculateur en combinant dans la même structure plusieurs processeurs travaillant en parallèle, c'est un SMP (Symmetric Multi-Processor). On peut ensuite connecter ces SMP ou des machines plus basiques en grappes, les clusters. Enfin le grid permet d'associer dans une même démarche un grand nombre de machines, parfois modestes, et parfois distantes (via Internet).
L'"empilage" de ces processeurs a pour conséquences des consommations d'énergie importantes : par exemple, la machine CEA/DAM nécessite une puissance électrique de 1,8 megawatt et autant pour la refroidir.
Software HPC
Si l'on peut désormais faire appel à des composants hardwares assez répandus et d'un coût limité, il est nécessaire de disposer de logiciels élaborés pour gérer l'ensemble :
- administration des tâches en exécution et gestion des priorités dans le calculateur,
- traitement des entrées-sorties en parallèle (un des problèmes les plus critiques),
- gestion des interconnexions,
- gestion de fichiers répartis et sur de grands volumes;
- recherche sur ce volume de données,
- visualisation des données et des résultats.
De fait, la valeur ajoutée se déplace vers le logiciel, qui est en principe maîtrisé par les constructeurs traditionnels (operating système distribué, administration de systèmes complexes, gestion de fichiers distribués). Chez HP, par exemple, on n'investit plus sur le processeur, on se déporte vers le logiciel où le hardware représente désormais mois d'1/3 des coûts et le software 2/3.
Le marché des supercalculateurs HPC
On estime le marché du calcul scientifique à environ 7 milliards de $, en augmentation de + 7% par an (chiffres IDC).
IDC distingue 4 grands marchés :
- capabilities : très gros calculateurs à plus d'un million $,
- entreprise : autour d'un million $,
- divisional : entre 250 000 et 1 million $,
- départemental : entre 50 et 250 000 $.
Enfin, il faut rajouter dans les calculateurs scientifiques les workgroups (stations de travail) à moins de 50 000 $.
Le TOP500 des plus gros calculateurs au monde
Le TOP500 est la liste des 500 plus gros systèmes installés dans le monde (mis à jour tous les 6 mois).
Les calculateurs du TOP500 atteignent des puissances situées entre 1 et plus de 100 teraflops.
Il y a 4 ans, il n'y avait pas de système à base de processeurs Intel dans ce classement, aujourd'hui il y en a 2/3 (50% Xeon, 50% Itanium).
Notons aussi que dans ce classement, c'est IBM qui se taille la part du lion avec 57 références classées parmi les 100 premières (6 sur les 10 premières).
Qui fabriquent les supercalculateurs HPC
Aujourd'hui, le marché du calcul scientifique est toujours fourni par :
- Cray : 1,4 %
- Fujitsu : 1,4 %
- Hitachi : 1,8 %
- Nec : 1 %
- SGI : 2,6 %
Mais si ces constructeurs traditionnellement positionnés sur le haut de gamme représentaient 90 % du marché il y a dix ans, ils n'en représentent plus guère que 10 % aujourd'hui (chiffres IDC).
Les nouveaux venus sont :
- Bull (nouveau venu avec son architecture NovaScale)
- Dell : 12,4 % (dont l'essentiel est obtenu sur les machines d'entrée de gamme du calcul scientifique : stations et serveurs).
- HP : 31,4 %
- IBM : 27, 4%
- Sun : 12 %
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