17 Mai 2008    

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FTTH : le très haut débit à domicile

Réseaux et communications

 
 
 
 
 

La FTTH (Fiber To The Home), c'est le raccordement de chaque foyer à l'aide d'une fibre optique.
Contrairement à l'ADSL ou au CPL, le FTTH permet des connexions symétriques à très haut débit.
Pour qui et pour quoi faire ? Analyse.

Pourquoi le très haut débit ?

La fibre optique permet de connecter les foyers avec des débits supérieurs à 50 Mb/s. Mais pourquoi connecter des particuliers avec une ligne suffisante pour une entreprise alors qu'un simple abonnement ADSL à 512 kb/s permet de naviguer confortablement sur Internet ?
Il s'agit en fait de permettre à toute la famille simultanément d'accéder par ce lien à des moyens de communication comme la télévision, la musique ou la visiophonie. On parle d'offres triple-play.
 

 
Dès lors, on comprend que si, au même moment, 2 ou 3 personnes dans un foyer utilisent un appareil différent, les besoins en débit deviennent très importants.

Et le Web 2.0 ?

Difficile de prédire aujourd'hui quels seront les usages de demain. Toutefois, on aperçoit à l'horizon l'arrivée d'applications utilisables, pour l'entreprise comme pour le particulier, à travers un simple navigateur web, sans que l'on dispose sur son PC du moindre programme, c'est l'une des promesses du Web 2.0. Pour les usages domestiques on pourrait citer :

  • des jeux sophistiqués en ligne, bien sûr,
  • des applications bureautiques légères (traitement de texte pour la rédaction des courriers, retouche des photos...),
  • mais aussi des applications domestiques plus spécifiques encore, restant essentiellement à inventer (gestion de son jardin, choix de sa cave à vin, partage d'arbre généalogique, surveillance du chien...).

Pour ces usages, et contrairement à la TVHD, c'est peut-être moins la quantité de données à transmettre qui est critique que le temps de réponse (latence).

Comparaison entre ADSL et fibre

Pourquoi engager des frais d'infrastructure très élevés, alors que l'on dispose déjà d'un débit important sur notre réseau téléphonique ? En effet, grâce à l'ADSL 2+ et un modem spécial on peut obtenir au bout d'une ligne téléphonique ordinaire en cuivre un débit théorique maximum de 25 Mbits/s en réception et 1,2 Mbits/s en émission. D'autres technologies devraient encore augmenter ces valeurs.
Cependant, ce débit est soumis à plusieurs conditions :

  • la prise téléphonique doit se trouver à moins de deux kilomètres du central pour obtenir au moins 10 Mbits/s
  • ce débit varie en fonction de l'éloignement et de la qualité de la ligne,
  • comme toujours en ADSL, le débit émis par l'usager est beaucoup plus faible que celui qu'il reçoit (un inconvénient pour toutes les applications interactives : jeux, bureautique, échange de photos...).

La fibre, quand à elle, permet de proposer à l'usager un débit réellement très important, symétrique (identique en émission et en réception), et maximum pour tous les habitants d'un quartier. Elle permet aussi de limiter les erreurs de câblage, toujours coûteuses à régler.

Où trouver de la fibre ?

Le remplacement progressif du réseau téléphonique classique cuivre par un réseau fibre, comme on avait un temps imaginé généraliser le réseau câblé, n'est pas à l'ordre du jour. Seules quelques petites taches vont apparaître sur la carte de France dans les prochaines années. On peut citer :

  • des collectivités locales particulièrement volontaires comme Pau (Pau Broadband Contry) ou Gonfreville-l'Orcher,
  • Erenis, qui connecte 1500 immeubles parisiens, soit près de 25 000 logements,
  • citeFibre, dont le service à 100 Mb/s a démarré dans le 15e arrondissement de Paris,
  • le pilote de France Telecom déjà en service dans quelques villes,
  • le projet de Free à Paris.

Dans les mois qui viennent, il est probable qu'un certain nombre de collectivités territoriales mettront en place des politiques visant à diffuser localement le FTTH, comme elles le font actuellement pour les dorsales fibre ou la couverture des zones blanches. Pour cela, elles pourront, soit participer au financement des installations, soit ouvrir les réseaux de voirie (voir notamment la fiche "Les collectivités territoriales fournisseurs d'accès").
Quand à eux, France Telecom comme Free ont déclaré ouvrir leur futur réseau fibre à d'autres opérateurs, reste à voir à quelles conditions.

Le projet pilote de France Telecom

France Télécom a décidé une approche pragmatique en débutant par un projet pilote dans quelques zones urbaines denses. Il a raccordé en FTTH une centaine de clients. Ils sont situés dans les 3e, 4e, 6e, 7e, 13e et 16e arrondissements de Paris et dans 5 villes des Hauts-de-Seine (Asnières-sur-Seine, Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Rueil-Malmaison, Villeneuve-La-Garenne).
France Télécom a déployé cent kilomètres de fibre optique depuis ses équipements jusqu’aux appartements et pavillons des clients. France Télécom a choisi une technologie innovante avec du GPON (Giga Passive Optical Network). Le GPON permet d’atteindre des débits jusqu’à 2,5 Gigabits/s en descendant et 1,2 Gigabits/s en remontant.
 

 
Cette offre correspond pour FT à un abonnement haut de gamme positionné à 70 euros (dont 2 mois gratuits). Il inclut Internet Très Haut Débit, la télévision numérique, le téléphone illimité. Il comprend également l’installation des équipements à domicile et la mise en service.
A l’issue de cette première phase d’expérimentation, France Télécom pourra étendre, à horizon 2007, des pilotes dans d’autres agglomérations en France ou à l’étranger.

Le projet de Free

Fidèle à sa politique commerciale agressive, Free va proposer à certains de ses abonnés le passage au très haut débit FTTH, en remplacement et au même prix que son offre ADSL, soit 29,99 euros.
L'investissement est estimé à 1 milliard d’euros, dont près de la moitié financée sur fonds propres.
Pour rentabiliser cet investissement, Free prévoit de ne raccorder que les zones les plus denses, à commencer par Paris, soit pas moins de 4 millions de prises, concernant 10 millions de français.
 

 
Pour limiter les frais de génie civil, Free utilisera les infrastructures existantes pour passer sa fibre (égouts, fourreaux..). Notamment, il va profiter du programme municipal PARVI (Paris Ville fibre Numérique) dont l'ambition est que d'ici 2010, au moins 80% des immeubles parisiens soient reliés en fibre optique.
 
 
 

 
 
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