14 Octobre 2008    

Gouvernance

Solutions

Technologies

Marchés

Financement des investissements informatiques

Politique informatique

 
 
 
 
 

Le choix d'un moyen de financement permet bien sûr l'achat de matériel performant, mais c'est aussi une méthode technique pour optimiser le bilan de l'entreprise. Ce choix concerne donc autant la direction financière que la direction informatique.
Notons, deux évolutions sensibles concernant l'informatique :
- la volonté de "serrer" le budget informatique au plus près des besoins (d'ou l'apparition de la fameuse "informatique à la demande"),
- les exigences comptables nouvelles, spécialement celles induites par IAS.
Ce dossier est l'occasion de faire un point sur les différents modes de financement.

1. Autofinancement

L'autofinancement, c'est le paiement cash et donc la pleine propriété immédiate des biens informatiques. Lorsque le matériel est conséquent ou stratégique, on peut trouver un avantage à ce que l'entreprise soit propriétaire de son outil de production, notamment vis-à-vis d'investisseurs extérieurs.
Théoriquement l'autofinancement économise des frais financiers (seulement si la trésorerie peut suivre...).
C’est une formule adaptée aux produits peu coûteux ou ayant vocation à rester durablement dans l’entreprise.

2. Crédit

Le crédit simple n'est guère utilisé que pour des opérations ponctuelles (gros investissements).
L'entreprise est immédiatement propriétaire du bien.

3. Crédit-bail (leasing)

Le crédit-bail est une forme de location dont le contrat prévoit dès l'origine une option d'achat à son terme. Le locataire peut lever l'option dans le cas où il souhaite devenir propriétaire du matériel.
Généralement, l'utilisateur est maître du choix du matériel et en négocie librement le prix avec le fournisseur.
A noter que, bien que ce soit l'organisme financier qui est propriétaire, l'utilisateur est responsable du matériel et doit parfois se porter caution.

4. Location de courte durée

La location de courte durée n'est employée que pour l'utilisation occasionnelle de matériels particuliers (événements commerciaux, accroissement temporaire, dépannage). Le matériel est généralement choisi par le loueur qui en reste propriétaire. Comme celui-ci doit se garantir de longues périodes de non-utilisation ou des détériorations, les coûts sont généralement élevés.
Ce n'est pas vraiment une formule de financement et elle n'est citée ici que pour mémoire.

5. Location financière

La location financière n'est proposée que par des établissements financiers. Elle prend en charge le financement de l'utilisation d'un matériel pendant une durée fixée d'avance (durée d'usage ou durée de vie).
C'est une forme voisine du crédit-bail mais sans option d'achat.
La location financière permet d’intégrer le financement des services à celui du matériel.

6. Location opérationnelle (operating lease)

La location opérationnelle est proposée par des sociétés spécialisées (dites opérationnelles), qui apportent un service supplémentaire spécifique (gestion de parc, analyse financière...).
Elle permet de ne financer que le différentiel entre le prix de vente et une estimation de valeur d'occasion à terme.

7. Location évolutive

Le contrat permet sous certaines conditions de faire évoluer les matériels financés sans modification des versements (par exemple, un parc micro est entièrement renouvelé en 3 ans).
De nombreux services y sont rattachés (gestion de parc, analyse des coûts et du TCO, assurances..).

8. Lease back

Le propriétaire d'un matériel le cède à une société commerciale ou un établissement financier qui le remet immédiatement à sa disposition par une opération de location.
Cette formule est employée dans deux cas :
- pour répondre ponctuellement à un besoin de capitaux de l'entreprise,
- systématiquement pour améliorer le bilan et diminuer l'imposition sous certaines conditions.

9. Informatique à la demande

Cette formule, qui n'est pas vraiment une formule de financement, intéresse plus les DSI que les directeurs financiers. Il s'agit d'ajuster la dépense informatique à la hausse ou à la baisse en fonction des besoins à un moment donné (un peu comme la consommation d'eau ou d'électricité).
Ce concept, né de la crise, répond au double besoin, des utilisateurs de limiter les dépenses et les risques, et du marketing des fournisseurs de lancer un nouveau concept adapté aux temps difficiles. C'est pourquoi il a un air de déjà vu et une géométrie complexe.
Il se résume en deux effets :
- adaptation : pour les serveurs (par exemple) on peut mettre en service des processeurs déjà pré-installés dans la machine, moyennant le paiement d'une redevance supplémentaire, et pour les logiciels, on peut équiper un poste supplémentaire par simple déclaration ou par déblocage à l'aide d'une clé télétransmise (pas vraiment nouveau).
- virtualisation : on peut faire appel à certaines ressources distantes (calculateurs, stockage..) uniquement en cas de besoin (les Vax le faisaient déjà il y a 20 ans).

10. Négocier les prix

En soit, la négociation des prix est un élément de financement, puisqu'elle aboutit à une minoration des coûts. Elle doit être entreprise, quel que soit le mode de financement.
Il est désormais aisé et fréquent de regrouper ses achats informatiques (y compris les consommables et les petits matériels) chez quelques fournisseurs seulement, avec lesquels on aura négocié une remise annuelle contractuelle. Cette démarche est également valable pour l'achat de licences logicielles (cf Dossiers "Licences logicielles").
Il est possible de négocier contractuellement des remises en volume avec un fournisseur, mais de n'effectuer les achats qu'"au fil de l'eau", suivant un rythme convenu lors de la négociation ou même en panachant les méthodes de financement.
Enfin, pour des volumes importants, il est souvent possible d'obtenir d'un revendeur des remises supérieures à la normale par le biais d'un accord tripartite. Dans ce cas, l'éditeur ou le constructeur accorde un taux de remise spécial à son revendeur, voire des remises arrières.
La centralisation des demandes et la recherche d'accords cadres doivent donc être envisagées pour tous les types d'achat. Cette centralisation lors de la négociation n'empêche ni les achats au fil de l'eau, ni les achats et paiements au niveau de chaque entité de l'entreprise.
Demander un financement de type crédit ou leasing, n'est pas se mettre en état d'infériorité pour négocier les prix. Le vendeur gagne généralement sur les deux tableaux, parfois plus sur le financement que sur le matériel vendu. Attention donc au coût total réel.

11. Externalisation, ASP

Enfin, dernière méthode de financement : ne rien financer du tout et faire appel à des services extérieurs.

 
 
Recherche         
fermer