06 Septembre 2008    

Les experts

Isabelle Renard - le blog






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Réutilisation par une SSII d'un logiciel développé spécifiquement par un client

Posté le Mercredi 21 Mai 2008 dans Droit de l’informatique

Bonjour, j'ai passé commande d'un développement spécifique sur un logiciel auprès d'une SSII. Avant la livraison de ce développement, je m'apercois que la nouvelle version dulogiciel contient cette fonctionnalité en standard. Quels sont mes recours ? suis je en droit d'annuler ma commande (il n'y avait pas d'acompte) ? Merci

1) Tout logiciel développé par une SSII est la propriété exclusive de cette SSII, conformément aux dispositions du code de la propriété intellectuelle, et ce même si le logiciel a été développé sur la base de spécifications fournies par le client.


Si l'opération a fait l'objet d'une simple commande, sans aucun autre contrat, la SSII est libre d'en disposer comme elle veut du développement spécifique, et notamment de l'intégrer en standard dans ses produits, sous la seule réserve de l'exécution de bonne doi des conventions : si certains documents montrent que le client entendait se réserver l'usage exclusif des développements, on pourra considérer que le fait de les intégrer en standard est de mauvaise foi, mais cela ne peut pas fonder l'annulation du contrat, etdifficilement sa résiliation (sauf à ce qu'il existe en l'espèce des circonstances particulières permettant de considérer que cette réutilisation est constitutive d'une faute contractuelle d'une gravité suffisante).


Pour que le client puisse se réserver la jouissance exclusive d'un développement spécifique il faut ;


- soit qu'il ait acquis la propriété du développement par une clause conforme à l'article L131-3 du code de la propriété intellectuelle


- soit qu'il bénéficie par contrat d'une licence exclusive d'utilisation, pendant une période qui sera nécessairement limitée dans le temps.


2) si la SSII a développé la fonctionnalité souhaitée totalement indépendamment du client et a omis de lui signaler au moment de la commande que la fonctionnalité allait être intégrée dans le standard, il faut regarder en détail les éléments de fait : si il y a eu dissimulation mensongère de la part de l'éditeur, la commande peut être annulée.

Durée légale de maintenance

Posté le Lundi 28 Janvier 2008 dans Droit de l’informatique

Quelle est la durée légale de maintenance pour un développement spécifique avec et sans PV de recette ?

La prestataiton de maintenance ne fait l'objet d'aucune durée "légale" : il s'agit d'un accord entre le client et le prestataire qui est d'une nature purement contractuelle. Les deux parties négocient les prestations, et le prix, tout à fait librement et sans être contraint par aucune disposition d'ordre public.


Peut être y a-t-il confusion avec la garantie des vices cachés, qui est d'ordre public. L'action en garantie doit alors être intentée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. Mais cette garantie n'est d'ordre public que dans les contrats de vente : un contrat de maintenance n'étant pas un contrat de vente mais un contrat d'entreprise, la garantie des vices cachés peut être aménagée par des dispositions contractuelles à la convenance des parties.


L'existence ou non d'un PV de recette ne change pas le fond du problème, car les parties peuvent faire démarrer la maintenance quand elles veulent, qu'il y ait eu ou non recette. Il est néanmoins logique que la maintenance ne démarre qu'après la recette, qui est l'opération par laquelle juridiquement, le client reconnaît que le développment est conforme à ses spécifications.

Géolocalisation

Posté le Vendredi 11 Janvier 2008 dans Droit de l’informatique

Bonjour, Mon entreprise a un effectif de 10 salariés , celle ci a procédé il y a 1 an au remplacement des véhicules sauf le mien. Et il y a 3 jours, j'ai pris pocession d'un nouveau véhicule et la surprise : celui ci est équipé d'un traceur , je voudrais donc savoir ci cela est légal du fait que seul mon véhicule en est équipé et pas les autres , ensuite celui ci ne dispose pas d'un systeme arret pour le respect de la vie privée comme cela est stipulé dans le texte de loi de la commission nationale de l'informatique et des libertés . Merci d'avance pour votre réponse . Mr BALLURIAUD

La CNIL a émis un guide qui encadre la géolocalisation des salariés. Ce guide comprend des recommandations, qui n'ont pas de caractère obligatoire mais que l'employeur a intérêt à suivre pour que la déclaration ne pose pas de difficulté.


La géolocalisation est licite dès lors que votre employeur l'a déclaré à la CNIL.


Le système de déconnexion est recommandé uniquement si votre véhicule est un véhicule de fonction, ou un véhicule de société pour lequel votre employeur tolère que vous l'utilisiez le WE.


Le fait que vous soyez le seul salarié à en être équipé peut s'expliquer par la spécificité de votre fonction (qui justifierait l'intérêt de la géolocalisation), ou par le cycle normal de remplacement du véhicule. C'est une question que vous pouvez poser légitimement à votre employeur.

Protection d'un logiciel

Posté le Vendredi 14 Décembre 2007 dans Droit de l’informatique

Bonjour, Nous développons un logiciel de navigation qui est protégé par un dongle (clé USB) C'est ce dongle qui permet d'ouvrir le logiciel à chaque utilisation et qui nous permet donc de certifier de l'autenticité de celui-ci. N'importe qui peut avoir un CD d'installation du logiciel, mais il ne pourra pas l'ouvrir sans le dongle fourni lors de l'achat du logiciel. J'aurais 2 questions: - Si un client perd son dongle, a-t-on le droit de lui dire qu'il doit acheter à nouveau le logiciel puisque de notre côté nous ne savons pas si il l'a donné à quelqu'un d'autre par exemple en prétextant qu'il l'a perdu? - Nos clients ont-ils le droit de revendre leurs logiciels? Merci par avance. Marie

Première question : Si un client perd son dongle, a-t-on le droit de lui dire qu'il doit acheter à nouveau le logiciel puisque de notre côté nous ne savons pas s’il l'a donné à quelqu'un d'autre par exemple en prétextant qu'il l'a perdu ?

Vous avez effectivement le droit de mettre en place cette modalité, mais sous la réserve exprès d’en avoir préalablement averti le client lors de l’achat : cela suppose d’expliquer que vous ne pouvez pas désactiver un dongle perdu et que par conséquent, en cas de perte et pour éviter toute fraude, le client devra impérativement repayer un exemplaire du logiciel.


 

Deuxième question : Nos clients ont-ils le droit de revendre leurs logiciels ?

Non, sauf si vous l’autorisez expressément dans le contrat de licence qui accompagne le logiciel. Il est néanmoins conseillé de l’interdire expressément pour plus d’efficacité juridique.

Licences : droit d'utilisation

Posté le Mercredi 28 Novembre 2007 dans Droit de l’informatique

En 2005, lors de l'acquisition de serveurs, nous avons acheté des licences Windows Server et Terminal Server à notre prestataire (env 70 licences). En regardant sur le site de gestion des licences Microsoft, j'ai pu m'apercevoir que ces licences étaient enregistrées au nom du prestataire et non au nom de ma sociétés. Quel recours as-t'on dans ce cas ?

Les licences ne sont pas réellement "achetées", mais elles vous confèrent un droit d'utilisation.


Ce qui importe est de savoir si vous êtes bien titulaire de ce droit d'utilisation, même si la licence a été consentie par l'éditeur à un tiers : votre prestataire est peut être habilité à redistribuer des licences à ses propres clients, de sorte qu'il est normal que son nom apparaisse sur le site de gestion de licence de l'éditeur.


Ce que vous devez faire : envoyer un courrier LRAR à votre prestataire en lui demandant qu'il vous fournisse la preuve qu'il a bien le droit de vous concéder des sous licences Window Server et Terminal Server.


S'il refuse de vous répondre, vous devrez exiger cette information par la voie judiciaire.


S'il vous répond et que sa réponse n'est pas satisfaisante car en fait il n'avait pas le droit de vous concéder des sous licences, vous devrez régulariser la situation avec l'éditeur en demandant le transfert des licences à votre nom. Si l'éditeur refuse ce transfert et vous impose de racheter de nouvelles licences, il faudra alors vous retourner contre votre prestataire pour qu'il vous rembourse le prix payé en 2005.

Ex-salariée indélicate

Posté le Mardi 02 Octobre 2007 dans Droit de l’informatique

Bonsoir Maître, Une salariée démissionnaire de ma Société c'est permis, aprés son départ de demander a notre herbergeur un transfert de l'administration de notre nom de domaine et de ceux de nos clients par la même occasion. Cela à engendrer une impossibilité de gérer nos sites internet pendant deux jours,plus quelques manipulations techniques qui nous ont fait perdre trois clients. Elle a bénéficiée de la complicité de la gérante démissionnaire également de la société (ambiance tendue). Dans ce cas de figure peut-on parler de délit d'infogérance ? Bien à vous Yann BESNIER Consultant et créateur de la société

Il n'y a pas de "délit d'infogérance".


Cette ex-salarié a commis un acte déloyal qui vous permet d'engager sa responsabilité civile pour obtenir réparation de votre préjudice fianncier et commercial.


Si l'enjeu financier est faible, l'action judiciaire est peu pertinente.


Vous pouvez à tout la moins la mettre en demeure par voie de courrier d'avocat de cesser ses agissements, aux fins de la dissuader de vous porter tort à l'avenir.

L’intéressement des salariés à leurs créations et inventions

Posté le Jeudi 16 Aout 2007 dans Droit de l’informatique

Savez-vous que la législation impose d’intéresser les agents de droit public aux produits financiers issus de l’exploitation de leurs brevets, logiciels, et autres créations intellectuelles ?
Cette situation, autrefois peu courante sauf dans certains organismes de recherche, commence à se complexifier du fait de l’immixtion croissante du secteur public et du secteur privé.
- Les différences essentielles entre les statuts de droit privé et les statuts de droit public
- Les méthodes
- Comment faire quand les équipes sont mixtes (salariés de droit privé et de droit public) ?

Le nouveau droit de l’internet

Posté le Jeudi 16 Aout 2007 dans Droit de l’informatique

Que faire devant l’émergence continue de nouveaux concepts sur internet, comment encadrer efficacement dans une charte l’utilisation du SI par les salariés ?
- L’apparition de nouveaux concepts rend très difficile le maintien d’une charte à jour : hier les blogs, aujourd’hui second life …
- Rappel des principes essentiels que doit contenir la charte
- Savoir discerner les activités « illégales » des activités « interdites »
- Gérer au mieux la problématique des e-mails personnels

La protection des données personnelles

Posté le Jeudi 16 Aout 2007 dans Droit de l’informatique

Un groupe international centralise de nombreux traitements des données de ses salariés aux US : paye, sécurité, gestion de crise, gestion des expatriés, etc. Quelles sont les contraintes CNIL associées ?
- Apprendre à qualifier la situation selon que la loi « Informatique et Liberté » est ou non applicable.
- Discerner selon les traitements ceux qui seront soumis à une déclaration simplifiée, une déclaration simple ou une autorisation de la CNIL
- Examiner la situation des sociétés qui traitent les informations aux US au regard de la loi (Safe Harbor, Corporate Binding Rules, accords contractuels)
- Réfléchir à la notion de « finalité » du traitement pour présenter un dossier cohérent à la CNIL

Archivage numerique

Posté le Jeudi 16 Aout 2007 dans Droit de l’informatique

Qu’est ce que « l’archivage légal » des données numériques ?
- Le terme « archivage légal » ne recouvre aucune réalité juridique
- Ce terme recouvre ce qu’il faut mettre en place pour conférer à une information archivée une valeur de preuve. Il est considéré comme l’équivalent de la notion anglo-saxonne d’ « Information Lifecycle Management »
- Quelles sont les fonctionnalités essentielles que doit respecter un système d’archivage pour être « légal » ?

La sécurité Informatique

Posté le Jeudi 16 Aout 2007 dans Droit de l’informatique

Les DSI et les RSSI encourent-ils un risque pénal du fait d’un problème de sécurité du système d’information ?
- Rappel des principes de la responsabilité civile et de la responsabilité pénale
- Qui peut être tenu responsable au civil et au pénal entre : l’entreprise elle-même, le chef d’entreprise, un responsable ou un simple salarié ?
- Quelles sont les infractions pénales en matière de sécurité informatique ?
- Comment faire pour éviter une mise en cause lorsqu’on est DSI ou RSSI ?

Le droit de la propriété intellectuelle : les logiciels libres

Posté le Jeudi 16 Aout 2007 dans Droit de l’informatique

Un éditeur de logiciel s’aperçoit, à l’occasion d’un audit de son code, que de nombreux modules de « logiciels libres » ont été intégrés dans le code par les développeurs. Quelles peuvent en être les conséquences ?
- Le logiciel dit « libre » est soumis en fait à des licences qu’il est indispensable de respecter.
- Les codes libres qui sont soumis à certains types de licence doivent être maniés avec précaution car ces licences sont dites « contaminantes », c'est-à-dire qu’elles vont s’appliquer à l’ensemble du code dans lequel le code libre a été inséré.
- Dans certains cas, cela conduirait à devoir divulguer l’ensemble du code source des modules propriétaires, ce qui est une situation impossible pour un éditeur.
- Certains éditeurs qui sont passé outre se sont vus poursuivis en justice par les auteurs des codes libres qu’ils s’étaient ainsi « appropriés ».

Il est indispensable de mettre en place une méthode qui permette d’analyser systématiquement la licence libre associée au code que l’on veut intégrer.

Le droit de la propriété intellectuelle concurrence d'un ancien salarié

Posté le Mercredi 15 Aout 2007 dans Droit de l’informatique

Un salarié de l’entreprise, licencié il y a quelques mois, a créé une société qui exploite un logiciel qui a une forte ressemblance avec celui que nous avons créé. Que peut-on faire ?
Ce type de situation, très fréquent, nécessite la mise en place d’un véritable « projet judiciaire » :

- constat effectué par un huissier désigné sur requête,

- assignation au fond de la société de l’ex-salarié,

- éventuellement action en référé interdiction pour arrêter l’activité commerciale du contrefacteur.

Chaque dossier est très dépendant du contexte : y-a-t’il réellement contrefaçon, ou seulement un détournement de savoir faire, le fichier client a-t-il aussi été substitué ?

Les contrats le delit de marchandage

Posté le Mardi 14 Aout 2007 dans Droit de l’informatique

Comment éviter qu’une relation avec un prestataire ne risque d’être qualifiée en « délit de marchandage »
- Définition : quels sont les véritables critères ?

- Comment anticiper une dénonciation ou une enquête de l’inspection du travail ?

- Les pièges à éviter pour éviter qu’un prestataire ne se mettre en état de dépendance économique ?

Les contrats l'infogérance

Posté le Mardi 14 Aout 2007 dans Droit de l’informatique

Quels sont les prérequis juridiques indispensables à une opération d’infogérance ou à la réversibilité d’une opération d’infogérance
Toute opération d’infogérance, ou de réversibilité d’infogérance, nécessite un audit préalable en matière sociale et en matière de régime juridique des actifs transférés.

- L’audit social : permet d’encadrer contractuellement les risques liés à des contestations de salariés (qu’il y ait ou non application de l’article L122-12) en insérant des garanties contractuelles.

- L’audit des contrats portant sur les licences de logiciel transférées : il est indispensable de suivre les modalités indiquées dans le contrat en cas de changement de contractant (simple information ou autorisation). Les actions des éditeurs lorsque les licenciés ne respectent pas le formalisme contractuel sont de plus en plus fréquentes et elles peuvent générer d’importants préjudices financiers si, pour faire l’opération, il est nécessaire de repayer une partie de la licence !

La sécurisation des appels d'offre

Posté le Mardi 12 Juin 2007 dans Droit de l’informatique

Comment sécuriser les aspects juridiques dans un appel d’offre pour des prestations informatiques ?
D’abord : savoir ce qu’on veut avant de travailler sur un texte contractuel.

L’appel d’offre doit déterminer clairement les souhaits de l’entreprise cliente en matière de :
- Propriété des développements
- Répartition et limites de responsabilité
- Durée du contrat, renouvellement, sortie anticipée
- Position du client en matière de cotraitance (autorisée ou non)
- Gestion de la sous traitance
- Modalités d’audit du prestataire
- Loi et juridiction applicable si le contrat est international
- Autres sujets spécifiques à la prestation considérée

Isabelle Renard

Isabelle Renard expert guide informatique

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Biographie

Avocat Associée du cabinet d'avocats Vaughan - Ingénieur INPG, Docteur Ingénieur, DEA de droit des Affaires. Après avoir suivi une formation d’ingénieur, Isabelle Renard a passé une grande partie de sa carrière dans l’industrie de l’informatique et des services, notamment au sein des groupes Thalès et Unisys en France et aux Etats-Unis. Elle a rejoint le Cabinet Archibald Andersen en 1999, où elle fut avocat associée en charge du département Nouvelles Technologies, avant de rejoindre le Cabinet August et Debouzy en décembre 2001, en qualité d’associée responsable du groupe Propriété Intellectuelle et Contrats Commerciaux. Isabelle Renard est depuis 2006 avocat associée au sein du cabinet Vaughan où ses principales activités concernent les contrats, le droit de la propriété intellectuelle, la dématérialisation des échanges et des archives, la protection des données personnelles et le droit de l'internet. Isabelle Renard enseigne le droit des contrats au sein du Master Professionnel de droit du multimédia et de l’informatique de l’université de Paris II depuis sa création en 1999. Elle est expert IFEJI, membre de la FNTC et de la FEDISA

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